Le numérique, un poids carbone modéré mais non négligeable
En 2022, le numérique représentait environ 4,4 % de l’empreinte carbone d’un Français, soit 440 kg de CO2 par an. Ce chiffre a nettement augmenté avec l’introduction de l’IA générative (ChatGPT….) mais les nouvelles estimations ne sont pas encore disponibles.
C’est bien moins que les transports (27 %), l’alimentation (25 %) ou le logement (19 %). Pour donner une idée concrète, cette empreinte équivaut à :
un aller-retour Paris-Marseille en voiture à essence,
ou 60 repas avec du bœuf.
Cela reste significatif, mais il est souvent plus simple de réduire sa consommation de viande que de diviser par deux son empreinte numérique. Voyons pourquoi.
D’où viennent ces émissions ?
On entend souvent qu’il faut supprimer ses mails pour réduire son empreinte carbone. En réalité, cela a un effet infime. Le principal levier d’action, c’est le matériel.
49 % viennent de nos équipements personnels : smartphone, ordinateur, télévision… surtout de leur fabrication
47 % viennent des datacenters (serveurs stockant nos données et applications).
Si vous possédez seulement un ordinateur portable et un smartphone, que vous les gardez 5 ans, votre empreinte annuelle sera d’environ 60 kg de CO2, soit quatre fois moins que la moyenne nationale (pour le matériel). Mais attention aux équipements « oubliés » :
Grand écran stocké dans un coin ?
Ancien smartphone remplacé l’année dernière ?
Imprimantes, box TV ou autres appareils connectés ?
Tout cela compte dans votre bilan, sans que vous en ayez toujours conscience.
À cela s’ajoute votre utilisation d’internet, en moyenne responsable de la moitié de vos émissions.
Comment réduire son impact ?
La meilleure solution est de limiter l’achat de matériel neuf. Quelques astuces :
Garder ses appareils le plus longtemps possible (objectif : 10 ans !).
Acheter d’occasion ou reconditionné.
Revendre ou recycler le matériel inutilisé.
Privilégier du matériel éco-conçu.
Côté usage, aucune donnée fiable ne permet encore de savoir où se situe l’essentiel de nos émissions. Le stockage de mails est assurément négligeable mais pour le streaming vidéo (Netflix, YouTube…), on ne sait pas exactement, il pourrait représenter environ un tiers des émissions (et 70 % du trafic internet). Réduire la qualité des vidéos ou regarder moins de contenu en streaming peut avoir un impact. La bonne attitude est une certaine sobriété, même s’il est encore impossible de connaître les activités les plus impactantes.
L’IA générative : va-t-elle multiplier la consommation d’énergie ?
On ne sait pas encore précisément l’impact de l’IA générative tel que l’empreinte carbone d’une question à ChatGPT. Cependant certains chiffres sont alarmants. Les émissions des grands acteurs tels que Microsoft ou Google ont connu un boom de +30% à +50% au moment de l’explosion de l’IA générative. Il se pourrait qu’en 2027, l’équivalent de 22 réacteurs nucléaires (la moitié de la production électrique de la France) soient nécessaires pour alimenter ses besoins.
Conclusion : aller à l’essentiel
Pas la peine de culpabiliser pour quelques mails ! Ce qui compte vraiment :
Prolonger la durée de vie de nos appareils.
Éviter les achats inutiles.
Avoir une attitude de sobriété dans l’utilisation des outils (streaming, IA…).
Le numérique est indispensable, mais un usage raisonné peut éviter des excès inutiles et limiter son impact sur l’environnement.
L’effet de serre, un mécanisme naturel indispensable L’effet de serre, souvent évoqué pour expliquer le changement climatique, joue pourtant un rôle vital.Sans lui, il ferait beaucoup […]