Ces actions citoyennes pour le climat sont formidables

Stéphanie Thiébault, directrice de l’Institut écologie et environnement au CNRS, évoque l’actualité climatique avec enthousiasme. Interview.

Tout d’abord, je souhaiterais avoir votre sentiment sur les Marches mondiales pour le climat et tous les événements citoyens qui se sont déroulés depuis septembre.

Ces actions citoyennes sont formidables ! Je me mets enfin à espérer car il y a une acceptation des faits dans sa globalité. Les gens ont marché dans les rues du monde entier. Les jeunes se mobilisent également car il est question de leur avenir ! Greta Thunberg, la militante suédoise, est très intelligente. Elle porte très bien la voix de la jeunesse.

En tant que scientifique, avez-vous du mal à vous faire entendre ?

Bien sûr ! Depuis plus de 20 ans, nous parlons du réchauffement climatique. La classe politique ne nous écoute pas. Certes, la COP 21 fut un succès mais les résolutions n’ont jamais été appliquées. Il y a un manque crucial de volonté politique !

Que faut-il faire dans les années à venir ?

Mon rôle de scientifique n’est pas de dire ce qu’il faut faire. Mes confrères et moi devons analyser la situation sur notre planète et alerter les dirigeants sur le réchauffement climatique.
De plus, c’est très compliqué de trouver facilement des solutions. Si vous me donner l’exemple de panneaux solaires dans l’espace (plus efficaces car ne dépendent pas des aléas climatiques, NDLR), il faut étudier avec minutie les impacts environnementaux. A partir de cet instant, de nombreux projets pourront être subventionnés pour utiliser l’énergie solaire.

Vous avez bien des idées de solutions… Taxer le kérosène ou arrêter de prendre l’avion en sont-elles ?

J’en reviens à ma réponse précédente. L’écologie scientifique demande une grande rigueur et une analyse complexe de la situation pour maîtriser les impacts environnementaux.
Il faut d’abord ne pas se tromper de sujet. Tout d’abord, il faut savoir de quels avions on parle. Les plus polluants sont ceux qui transportent des marchandises. On peut ainsi relativiser la pollution des avions qui transportent simplement des passagers. Au-delà de cette réflexion, il faut noter qu’une taxe sur le kérosène semble impossible car il faudrait un accord unilatéral des 196 pays dans le monde.
Si je dois vous donner une solution simple et facile à mettre en pratique, ce serait déjà de limiter le nombre d’envois d’emails car ils polluent plus que les avions. Selon une étude de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), l’envoi des courriels, leur stockage, le fonctionnement des serveurs émettent énormément de CO2.

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